Le Dr Martine Perez indique dans Le Parisien du 25 novembre que selon une étude britannique, « les malades sont particulièrement susceptibles de transmettre le coronavirus dans les 5 premiers jours suivant l’apparition du premier symptôme. C’est à ce moment-là qu’il faut s’isoler et prévenir ses proches ».

La journaliste relate ainsi ces travaux parus dans The Lancet Microbe : « Des chercheurs anglais ont analysé 79 études mondiales visant à cerner la période de contagiosité maximale des patients atteints de Covid-19. Ils concluent que le virus actif est présent dans les prélèvements de nez jusqu’à 9 jours après le début des symptômes. Cependant, la quantité de virus atteint un pic dès les premiers symptômes et dans les 5 jours suivants ».

Martine Perez ajoute que « des fragments de virus inactifs ont encore été trouvés dans des prélèvements de nez jusqu’à 17 jours après le début des symptômes. Mais aucun virus viable n’a pu être isolé au-delà de 9 jours ».

Le Pr Bruno Hoen, infectiologue, directeur médical de l’Institut Pasteur, rappelle que « d’autres études ont montré que les personnes infectées sont également contagieuses 48 heures avant d’avoir des symptômes ».

La journaliste note en outre que « les personnes asymptomatiques peuvent aussi transmettre le virus ». Le Pr Hoen précise : « Moins longtemps sans doute que celles qui ont des symptômes. Leur contagiosité est cependant plus faible que les personnes symptomatiques, peut-être parce qu’elles ne toussent pas ».

Martine Perez retient ainsi que « la contagiosité commence 2 jours avant l’apparition des symptômes, soit à la fin de la période d’incubation. Celle-ci est en moyenne de 5 jours. Elle est parfois plus longue, mais 97,5% des personnes qui développent la maladie le feront dans les 11,5 jours suivant l’exposition au virus ».

Elle souligne que « ces études confortent les règles d’isolement », mais observe que « la contagiosité avant les premiers symptômes […] complique singulièrement la gestion de l’épidémie. Cette contagiosité, en l’absence de tout signe, justifie la mise en œuvre des mesures barrière strictes pour tous, y compris au sein de la famille ».

« La rigueur des mesures d’isolement des patients contaminés et de leurs contacts qu’ils aient des symptômes ou pas, est la clé du succès de la lutte contre l’épidémie. C’est ce qu’ont réalisé certains pays asiatiques comme la Chine, de manière très autoritaire, voire coercitive, mais avec une réussite indéniable », conclut Martine Perez.
[Source Mediscoop.net, 25 novembre 2020]