Les Français n’ont, à la mi-avril, toujours pas accès à des masques efficaces et jour après jour s’impose un système D qui pallie au mieux cette absence. Il en va de même pour les tests, dont on attend toujours une généralisation à grande échelle. De nombreuses questions sont ouvertes pour lesquelles nous vous proposons quelques réponses, en attendant que les autorités de santé mettent à disposition des masques “grand public” et généralisent, comme en Allemagne, les tests de dépistage.

Quels sont les différents types de masques ?
DES MASQUES MÉDICAUX ET LES AUTRES


Il existe deux grands types de masques médicaux qui répondent à des normes spécifiques :
* les masques antiprojections, dits « chirurgicaux », qui sont conçus pour éviter que ceux qui les portent ne rejettent des sécrétions dans l’air et contaminent les autres ;
* les masques de protection respiratoire individuelle (comme les fameux FFP2), qui sont équipés d’un système filtrant destiné à protéger le porteur des risques d’inhalation d’agents infectieux. Ces masques sont rarement supportés plus de quelques heures par ceux qui les portent.
Il existe également d’autres types de masques, notamment utilisés dans les chantiers, mais ces derniers ne sont pas conçus pour un usage médical.

Porter un masque protège-t-il celui qui le porte du coronavirus ?
EN PARTIE, OUI


Les masques de protection respiratoire individuelle (type FFP2) sont conçus pour cela, mais leur rareté fait que l’OMS recommande de les réserver aux soignants qui pratiquent des gestes invasifs respiratoires sur des patients intubés. Les autres types de masques, y compris les masques chirurgicaux, n’apportent pas les mêmes garanties, loin de là. Ces derniers peuvent en partie protéger ceux qui les portent, mais ils ne sont pas initialement prévus pour cela.
Dans tous les cas, les masques ne font barrière qu’aux risques de transmission directe du virus. Ils ne protègent en rien d’une contamination par les mains, par exemple en mettant celles-ci à la bouche après avoir touché un objet ou une surface contaminée. Ils ne remplacent donc pas les fameux gestes barrières et les mesures de distanciation sociale.

Porter un masque empêche-t-il de répandre le virus autour de soi ?
EN PARTIE, OUI


Les masques chirurgicaux sont conçus pour cela, en offrant à la fois une protection pour soi et les autres, le nez et la bouche étant les portes d’entrées principales du virus dans l’organisme. Encore faut-il les utiliser correctement et respecter en parallèle les gestes barrières, notamment en ce qui concerne les mains, qui sont le vecteur principal de transmission.

Comment peut-on se procurer des masques ?
CELA DÉPEND


Si vous n’êtes pas malade, vous ne pouvez pas, en principe, avoir accès à des masques chirurgicaux (FFP1 anti-projection ou FFP2 protecteur pour la personne qui le porte) qui sont réservés aux professionnels de santé et à quelques secteurs très précis. 
Vous pouvez néanmoins en obtenir sur ordonnance si vous êtes malade, afin de ne pas infecter les autres lors de vos sorties ou les personnes avec lesquelles vous êtes confinées. En revanche, vous pouvez vous fournir en masques dits « alternatifs » en tissu : soit en ligne, soit en le fabriquant vous-même.

Les tests, un préalable au déconfinement général de la population

Comment peut-on se faire dépister ?
C’EST COMPLIQUÉ


Il existe plusieurs types de tests : les tests PCR qui consistent à savoir, après prélèvement dans le nez avec un écouvillon, si une personne est infectée à un instant T ; et les tests sérologiques rapides qui, via une prise de sang, permettent de déterminer si le virus a été présent dans l’organisme. Ces derniers sont encore peu réalisés mais sont amenés à se multiplier prochainement. Le ministère de la santé, Olivier Véran, a annoncé fin mars la commande de 5 millions de tests rapides.
Dans une interview au JDD, le ministre de la santé a indiqué que la capacité de test PCR passerait à 30 000 tests quotidiens en avril, puis à 50 000 en juin grâce à l’achat de nouveaux équipements. Les tests rapides, eux, devraient atteindre une capacité de 100 000 par jour dès juin.

Tout le monde n’a pas accès à ces tests. Ils sont réservés en priorité aux professionnels de santé, aux personnes vulnérables ou jugées à risque, et aux personnes présentant des symptômes graves du Covid-19. Les tests peuvent être effectués à l’hôpital ou en laboratoire (une ordonnance peut être demandée au préalable).
Ces tests de dépistage représentent un enjeu majeur dans la lutte contre la propagation de l’épidémie. Ils doivent permettre, au-delà d’une meilleure prise en charge des patients, de connaître au plus près la proportion de malades et de personnes immunisées afin de prévoir un déconfinement progressif de la population.

[Source : Par Anne-Aël Durand , Pierre Breteau , Gary Dagorn , Adrien Sénécat et Assma Maad. Publié le 10 avril 2020 dans Le Monde. ]