4,5 % des français avaient eu un contact avec le virus au mois de mai 2020. C’est ce qui ressort de deux grandes enquêtes menées au plan nationale (1). Ce niveau de séroprévalence nationale est proche des niveaux observés dans les pays européens et est cohérent avec les estimations déjà publiées en France.

L’analyse des données d’EpiCoV montre que la séroprévalence (proportion de sujets avec un test sanguin Elisa positif, qui reflète un contact passé avec le virus), estimée à l’échelle nationale à partir de prélèvements réalisés entre mai et début juin 2020 (au cours du confinement et du déconfinement) était de 4,5 %.

Dans les deux régions les plus touchées par l’épidémie – soit le Haut-Rhin (10,8 %), la petite couronne (9,5 %) et Paris (9 %) -, la proportion de personnes testées positives était du même ordre dans l’ensemble de l’Île-de-France (9,2 %) qu’à Paris ou en petite couronne, alors qu’elle tend à être plus faible dans la région Grand Est (6,7 %) que dans le département du Haut-Rhin (10,8 %).

Les 30-50 ans, classe d’âge la plus infectée lors de la première vague

Dans les deux études, les adultes entre 30 et 50 ans constituent la classe d’âge où la séroprévalence est la plus élevée, atteignant 6,9 % de positifs dans EpiCoV. Ces deux études montrent par ailleurs une décroissance régulière de la positivité après 50 ans, ce qui n’empêche pas que, parmi les personnes souffrant du Covid, la mortalité soit plus élevée chez les plus de 70 ans.

Des inégalités sociales accentuées par la crise

D’après les données de l’enquête EpiCov, les personnes habitant un logement exigu ou surpeuplé (moins de 18 m2 par personne pour celles qui partagent un logement) sont 2,5 fois plus nombreuses à avoir été positives au Covid-19. Celles habitant une commune très densément peuplée (au moins 1 500 habitants par km2 avec un minimum de 50 000 habitants) sont deux fois plus nombreuses à avoir été positives.

Le Haut-Rhin a été le plus touché !

Pour une partie de la population, surpeuplement du logement et densité communale se cumulent. C’est le cas des 25-34 ans et des personnes sans diplôme. Le cumul s’accentue au bas de l’échelle des revenus et parmi les personnes immigrées d’origine non européenne, reflétant des phénomènes de ségrégation socio-spatiale.

Les personnes disposant des revenus les plus faibles vivent, elles, dans des communes moins densément peuplées mais beaucoup plus souvent dans des logements exigus et ont plus souvent travaillé à l’extérieur en comparaison des catégories avec les revenus les plus élevés.

Quant aux personnes cadres supérieurs, elles sont plus à même de vivre dans des logements moins spacieux dans une grande ville. Cette catégorie sociale est par ailleurs celle qui, grâce au télétravail auquel elle a massivement recouru, s’est le moins souvent rendue sur son lieu de travail pendant le confinement.

Le bilan des études conduites met en évidence une particularité : les fumeurs sont mieux protégés de la Covid-19 que les autres : “La proportion de résultats positifs est plus faible chez les personnes consommant quotidiennement du tabac (2,8 %) que chez celles qui en consomment occasionnellement, ont arrêté ou n’en ont jamais consommé (5 %). Ce résultat confirme la corrélation inverse entre des marqueurs d’infection à la Covid-19 et la consommation de tabac, déjà rapportée dans d’autres études.”

[Source : “En mai 2020, 4,5 % de la population en France métropolitaine a développé des anticorps contre le SARS-CoV-2 – Premiers résultats de l’enquête nationale EpiCoV, Études et Résultats, n°1167, DREES, octobre.

(1) Deux grandes enquêtes de santé publique : SAPRIS, menée auprès de 130 000 volontaires suivis dans les grandes cohortes en population générale (Constances, E3N-E4N, NutriNet-Santé et Elfe-Epipage2) et EpiCoV, menée sur un échantillon représentatif de 135 000 personnes permettant de représenter toute la diversité de la population vivant en France, ont livré leurs premiers résultats.