Vice-président de l’APEFPI jusqu’à une date récente, Richard Ferrand nous a quitté le 3 avril. Il a été un compagnon de route fidèle à notre association pour laquelle il a témoigné de son parcours de greffé des poumons au cours de nombreuses rencontres avec les patients FPI.

Ancien chef d’entreprise, Richard ne vivait pas une retraite comme les autres. Car ce malade du poumon , diagnostiqué FPI en 2016, ne se résoudra pas à poursuivre son existence branché sur une bouteille d’oxygène. Il se battra pour faire accepter par les médecins pneumologues son droit à être greffé d’un poumon, alors même que la communauté médicale estimait qu’il était trop âgé. Il répondra ainsi aux exigence du protocole médical qui conduit à l’opération et sera greffé d’un poumon en 2017, à 69 ans, par le Pr Pr. Hervé Mal de l’Hôpital Bichat, à Paris. Il vivra par la suite en Côte d’Or, près de Nuits Saint-Georges avant de rallier la Haute-Saône, pour s’installer à Lavoncourt (70) en suivant un protocole précis basé sur le traitement d’immunosuppresseurs et assorti de bilans réguliers.

Richard Ferrand rejoindra l’APEFPI en 2018, à Jonage, et s’engagera rapidement aux côtés de l’association pour témoigner activement de son statut de greffé. « Je suis un patient FPI actif !  », nous confiait-il alors. Un patient et un mari d’autant plus actifs qu’il a également été un aidant, qui a su et voulu soutenir son épouse, Marie-Claude, handicapée depuis 2011, dans les gestes les plus élémentaires du quotidien. Il a ainsi appris à vivre avec cette charge permanente d’aidant, ne retenant pour l’essentiel que les « années de bonheur » qu’il a passées depuis sa greffe de 2017. A ses yeux, ne comptait que deux victoires : celle de sa greffe, réussie, malgré les contraintes qu’imposait sa gestion au quotidien, et celle de l’aidant qu’il a su et voulu rester chaque jour de l’année et qui a permis à son épouse de faire des progrès considérables avec les années. Il ne nous a exprimé qu’un seul regret, le manque de contacts avec d’autres patients FPI greffés du poumons. Une raison pour laquelle, Richard se rendait volontiers disponible pour se déplacer sur l’une ou l’autre des rencontres patients organisées par l’APEFPI sur divers CHU de France. « Nous avons voulu aider les patients et les aidants, donner de l’espoir et rompre l’isolement », faisait savoir Richard Ferrand aux malades réunis dans les hôpitaux. « L’association veut élargir la prise de conscience sur la maladie, encourager à raccourcir le temps qui mène au diagnostic, souvent trop long et enfin sensibiliser les professionnels de santé sur cette pathologie encore trop méconnue », ajoutait-il.

Richard était un homme fidèle à ses convictions et à son engagement, rigoureux dans ses démarches et toujours prêt à aller vers les autres. Il aimait plaisanter sur son état de santé, même s’il savait que tout pouvait être remis en question à tout moment. Sa santé s’est ainsi brutalement dégradée ces derniers mois jusqu’à cette issue finale du 3 avril 2022, au terme d’un long parcours hospitalier où les bactéries ont eu raison de lui.

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Ses obsèques religieuses seront célébrées vendredi 8 avril, à 14 h 30, en l’église de Lavoncourt (70), commune où il sera enterré. A sa famille, son épouse, ses enfants et petits enfants, l’APEFPI adresse ses plus sincères condoléances.

L’APEFPI te remercie pour ton engagement à ses côtés. Repose en paix

Témoignages :

 » Les valeurs d’humanisme portées par notre ami restent pour nous tous notre boussole, témoignent Danielle et Yves Lebesgue qui l’ont reçu à leur domicile dans le Vexin. On ne peut qu’admirer son courage, lui qui a été confronté aux obligations de patient et d’aidant sans jamais émettre la moindre plainte. Son apport à l’association impose toute notre reconnaissance. Son départ discret est à son image, celle d’un homme qui a apporté son besoin d’espérance à la cause commune. Qu’il repose en paix ! »

 » Je l’avais rencontré  tout d’abord lors d’une assemblée générale de l’Apefpi avec Françoise Enjalran à Meyzieu, où Françoise venait d’aménager. Il nous avait raconté son périple de jeune greffé et il avait partagé avec Jean-Marie, notre ancien secrétaire général, leurs expériences à tous les deux de greffés. Il souriait et était heureux de cette greffe réussie. J’ai tout de suite été impressionnée par sa discrétion et sa présence toujours constructive. Sa parole était mesurée , mais grâce à la greffe, il avait retrouvé une nouvelle force de vie. Il nous avait fait part de son combat pour être greffé car son but premier était de continuer à s’occuper de son épouse. Par la suite, je l’ai retrouvé lors d’une réunion à Lyon de “J’Ose contre la Fibrose ». Il était là pour témoigner et transmettre son message qu’il n’y a pas de fatalité, qu’il faut continuer à lutter contre la maladie. Il s’était organisé pour que sa femme puisse l’accompagner lors de ses témoignages dans toute la France. Voilà, aujourd’hui je suis très triste de la disparition de Richard, il nous a marqués par sa belle personne. Repose en paix Richard. Mes plus sincères condoléances à sa famille comme à tous les membres de notre association.« 
Aïcha Kawak (Meyzieu)

«  C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai appris le décès  de Richard. Nous avons partagé de bons moments lors de rencontres dans les réunions de patients, où il transmettait son témoignage et son message de courage et de persévérance. J’ai admiré son attention et son énergie envers son épouse, diminuée par la maladie, mais elle aussi si courageuse et volontaire. Ce couple exceptionnel est pour moi un bel exemple d’amour. Mes plus sincères condoléances à son épouse et tous les membres de sa famille. »
Françoise Enjalran, Fondatrice de l’APEFPI

« Je me souviens de Richard discutant avec Jean-Marie, notre ancien secrétaire général disparu également, dans le jardin du domicile d’Yves et de Danièle Lebesgue. Deux greffés du poumons, qui voulaient apporter leur témoignage sur la greffe à ceux qui hésitaient, qui craignaient une opération qui leur a donné quelques années supplémentaires de vie et de bonheur partagé en famille. Je me souviens aussi de Richard racontant avec humour à un auditoire d’employés médusés, dans un amphithéâtre chez Roche, son parcours pour arriver, enfin, à être greffé à l’hôpital Bichat. Une émotion énorme a traversé l’amphithéâtre ce jour là, avec des larmes et des rires, notamment quand Richard expliqua qu’il était arrivé – lui « Richard Ferrand », homonyme d’une autre Ferrand -, à Bichat accompagné par les motards de la gendarmerie depuis son entrée sur le périphérique parisien.« 
J-J Cristofari

de g. à d. : Richard, Yves Lebesgue, Françoise Enjajran et Jean-Marie De Souza, en 2019