Face à la cinquième vague de l’épidémie de SARS-CoV-2, alors que le variant Omicron, particulièrement contagieux, se répand en France comme en Europe, la Haute Autorité de Santé (HAS) a évalué le bénéfice de réduire l’espacement entre la primovaccination et la dose de rappel. Elle recommande que le rappel soit réalisé à partir de 3 mois après la primovaccination.

Dans le contexte de la cinquième vague épidémique en cours en France comme en Europe, et dans la perspective d’une épidémie dominée à court terme par le variant Omicron, la HAS a été saisie par la direction générale de la santé (DGS) afin d’évaluer la pertinence de différentes mesures dans l’objectif d’accélérer la campagne de rappel et de protéger au mieux les personnes susceptibles de développer une forme sévère de la maladie.

Un rappel possible à partir de 3 mois après la primovaccination…

A l’instar de plusieurs pays[1], la HAS recommande que l’administration d’une dose de rappel puisse désormais être réalisée à partir de 3 mois après la primovaccination dans la population éligible à ce rappel, en cohérence avec l’avis de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

En effet, la HAS considère que le contexte épidémique actuel préoccupant justifie une accélération de la campagne vaccinale en raccourcissant le délai entre primovaccination et dose de rappel et en augmentant le niveau de protection de la population. Le double objectif étant à nouveau de limiter au maximum le nombre de nouveaux cas d’infection et de formes graves et d’éviter la saturation des établissements de santé.

La France subit l’expansion très rapide du variant Omicron sur le territoire national. Ce nouveau variant du virus est beaucoup plus contagieux que le Delta et semble échapper partiellement aux vaccins. Les premières données en vie réelle suggèrent en effet que les vaccins actuellement utilisés en France sont efficaces contre les formes symptomatiques non graves du variant Omicron à 80% à 1-2 mois, mais perdent plus rapidement leur efficacité qu’avec les variants précédents : 34% à 4 mois après une primovaccination avec le vaccin de Pfizer. Ces mêmes données montrent une remontée de l’efficacité vaccinale à 75% deux semaines après une dose de rappel.

La HAS a également examiné les travaux de modélisation mathématique de l’ECDC sur l’administration très rapide – mais pas avant trois mois – d’une dose de rappel à la majorité de la population adulte qui suggèrent que cette stratégie permettrait de réduire de 15% la mortalité associée à la Covid-19 liée au variant Omicron.

Elle a en outre pris en compte les travaux de modélisation conduits par l’Institut Pasteur qui ont étudié les effets de plusieurs scénarios de stratégie vaccinale selon des hypothèses plus ou moins optimistes en matière de sévérité et de transmission du variant Omicron. Dans ces travaux, l’accélération de l’administration des doses de rappel (1,2 millions par jour vs 800 000) pourrait réduire la taille du pic d’hospitalisations de 9 à 17%.

Au-delà du bénéfice pour la santé publique de cette mesure de réduction du délai entre la vaccination initiale et le rappel, la HAS a également analysé les données disponibles pour s’assurer que ce schéma vaccinal raccourci dans le temps était efficace et sûr à titre individuel.

Accélérer la campagne de rappel

Ainsi, la HAS s’est-elle appuyée sur l’avis de l’ANSM indiquant que « compte tenu de la situation épidémique actuelle, avec une circulation très active des variants Delta et Omicron, une accélération de la campagne de rappel avec un espacement à partir de 3 mois de la dose de rappel après un schéma de primovaccination est envisageable […]. »

En outre, les résultats de deux études d’immunogénicité relatives à l’administration précoce (avant 6 mois) d’une dose de rappel avec les vaccins à ARNm recommandés confirment une bonne tolérance et une réponse immunitaire anamnestique satisfaisante (c’est-à-dire que le rappel permet de restimuler de façon adéquate le système immunitaire) après une dose de rappel y compris lorsqu’elle est administrée dès 3 mois après la primo-vaccination.

[1] A date, la Royaume-Uni, le Canada, la Grèce, les Pays-Bas, la Finlande, la Slovaquie ou l’Allemagne

(Source : Communiqué HAS du 24 décembre 2021]