Fibrose pulmonaire idiopathique : le nintedanib peut ralentir la progression de la maladie

Un traitement précoce de la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI) à base de nintedanib pourrait ralentir la progression de la maladie. C’est ce que révèlent les résultats d’une étude publiée le mercredi 17 juillet 2019 dans le journal « The Lancet Respiratory Medicine ».

Indiqué chez l’adulte pour le traitement de la FPI, le nintedanib est un inhibiteur de la tyrosine kinase à action antifibrotique de par son activité anti-angiogénique. Cette molécule permet de ralentir la progression de la maladie.

Au total, ont été inclues dans cette étude multicentrique, 347 personnes atteintes de FPI, entre juin 2016 et mai 2017. Les patients ont été randomisées pour recevoir soit 150 mg de nintedanib par voie orale deux fois par jour, soit un placebo pendant 12 semaines, suivie d’une période en ouvert pendant 40 semaines au cours de laquelle tous les patients ont reçu du nintedanib.

Un taux de déclin respiratoire plus faible dans le groupe nintedanib

L’objectif de l’étude était d’analyser le taux de variation de la CRPM*, un potentiel biomarqueur prédictif de la mortalité chez les patients atteints de FPI, entre l’inclusion et la semaine 12 (critère principal).

Il s’agissait également d’étudier la proportion de patients présentant une progression de la maladie (critère secondaire), définie par une diminution absolue de la CVF supérieure ou égale à 10 % de la valeur prédite ou le décès, sur 52 semaines.

Dans cette étude en double aveugle, la population étudiée présentait une capacité vitale forcée (CVF) moyenne à l’inclusion de 97,5 % de la valeur prédite, correspondant à un volume pulmonaire bien préservé. Les résultats de l’étude ont montré que chez les patients présentant une FPI et une fonction pulmonaire préservée, le traitement par nintedanib n’a pas modifié « significativement » le taux de variation du biomarqueur CRPM sur 12 semaines par rapport au placebo.

En revanche, le traitement par nintedanib versus placebo pendant 12 semaines a été associé à une réduction de la CVF. En effet, sur 12 semaines, le taux de déclin de la CVF était plus faible chez les patients traités par nintedanib par rapport au groupe placebo (+ 5,9mL/12 semaines versus -70,2mL/12 semaines).

« Même dans cette population de patients dont la fonction pulmonaire est bien préservée, une différence en termes de déclin de la CVF a pu être démontrée entre les patients traités par nintedanib et ceux sous placebo sur 12 semaines », a déclaré le Pr Toby Maher, pneumologue au Royal Brompton Hospital à Londres et investigateur principal de l’étude. Selon lui, « ces résultats indiquent qu’un traitement précoce de la FPI est « la meilleure conduite à tenir ».

Nordine El Bartal

*Protéïne C réactive, dégradée par les métalloprotéinases matricielles

[Source : Le Quotidien du Médecin, 23 juillet 2019]

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