FPI : le nintédanib bien toléré après 4 ans de traitement

Le nintédanib (Ofev* de Boehringer Ingelheim) a un profil de sécurité et de tolérance qui reste acceptable après environ quatre ans de traitement. Il semble avoir une efficacité maintenue chez des patients atteints de fibrose pulmonaire idiopathique, selon les résultats d’une étude issus de l’étude de prolongation en ouvert des essais de phase III INPULSIS et qui ont été publiés par The Lancet Respiratory Medicine à la veille de l’ouverture du congrès de l’European Respiratory Society (ERS), qui s’est tenu à Paris le 15 septembre dernier.

Parmi 807 patients qui ont participé aux études INPULSIS jusqu’à leur terme, 732 (91%) sont entrés dans INPULSIS-ON, dont 58,6% ont poursuivi le nintédanib qu’ils recevaient dès le début (soit maintien de la dose de 150 mg deux fois par jour, soit maintien de la dose de 100 mg deux fois par jour, soit passage de la dose de 100 mg à 150 mg) et 41,4% sont passés du placebo au nintédanib à 150 mg ou 100 mg, soulignent le Pr Bruno Crestani de l’hôpital Bichat à Paris (AP-HP) et ses collègues dans la publication.

Le temps médian d’exposition au nintédanib était de 44,7 mois, entre 11,9 mois et 68,3 mois. Les données recueillies suggèrent que le profil de sécurité du nintédanib dans la phase d’extension en ouvert tait cohérent avec ce qui a été observé dans les études pivotales.

Les effets indésirables les plus fréquents étaient les diarrhées, avec 60,1 cas pour 100 patients-années d’exposition parmi ceux traités par nintédanib depuis INPULSIS et 71,2 cas parmi ceux ayant débuté le traitement dans INPULSIS-ON. Le taux d’arrêt du traitement à cause des diarrhées était de respectivement 5% et 10%.

L’événement indésirable qui a le plus souvent conduit à un arrêt du traitement était une progression de la fibrose pulmonaire chez 12% des patients qui étaient sous nintédanib depuis INPULSIS et 14% de ceux ayant initié le traitement en décalé.
Les chercheurs rapportent également le taux d’événements hémorragiques, qui était de 8,4 cas pour 100 patients-années d’exposition avec le nintédanib dès INPULSIS et de 6,7 cas dans INPULSIS-ON, et le taux d’événements cardiovasculaires majeurs, de respectivement 3,6 cas et 2,4 cas pour 100 patients-années d’exposition.

Une élévation des enzymes hépatiques (alanine aminotransférase, aspartate aminotransférase ou les deux) trois fois au-dessus des valeurs hautes normales était observée chez 3% des patients sous nintédanib dès INPULSIS et 7% des patients initiant le traitement en décalé.

Les chercheurs concluent que ces données de suivi suggèrent que l’effet du nintédanib sur la progression de la maladie persiste jusqu’à quatre ans au moins et qu’un traitement en continu présente un profil de sécurité et de tolérance acceptable,ce dont s’est félicité Boehringer Ingelheim dans un communiqué publié samedi.
Des données d’efficacité au long cours encore à confirmer.

[Source APM News, 17 sept 2018]