2020 a été une année particulière pour la greffe pulmonaire marquée par la pandémie de COVID-19 mais aussi par la mise en application de nouvelles règles de répartition des greffons pulmonaires. La diminution du nombre des nouveaux candidats a été importante (-30,5%). Celles du nombre de donneurs prélevés d’un greffon pulmonaire (-26%) et du nombre de greffes réalisées (-26%) également. Bilan de l’Agence de Biomédecine.

« Depuis 1982, date de la première greffe cardio-pulmonaire, et 1987, date de la première greffe pulmonaire enregistrée dans Cristal, 924 greffes cardio-pulmonaires et 6 041 greffes de poumon ont été enregistrées« , rapporte l’Agence de biomédecine dans son dernier bilan sur les greffes d’organes. Ce qui se traduit sur la période par une moyenne annuelle de 154,9 greffes du poumon. Soit un bien faible nombre au regard de la population qui pourrait être éligible à une greffe du poumon parmi les patients souffrant de BPCO avancée ou de FPI.

Listes d’attente

L’agence fait état d’une chute notable tant des greffes réalisées (-26 %) que du nombre de nouveaux candidats à la greffe pulmonaire (-30,5 %, soit 141 personnes de moins) de 2020 par rapport à 2019. « Le nombre de candidats restant en liste d’attente était le même en janvier 2021 et janvier 2020« , note encore l’Agence en ajoutant que « le profil des nouveaux candidats inscrits en attente de greffe pulmonaire en 2020 était différent de celui des nouveaux candidats de 2019 avec une hausse de l’âge moyen de 49 à 51 ans, 49% de nouveaux candidats de plus de 55 ans au lieu de 42% en 2019, 77% de candidats ambulatoires, et, avec une modification de la répartition des indications caractérisée par une baisse des indications pour mucoviscidose (8% en 2020 versus 21% en 2019).

Baisse des prélèvements

Alors que le nombre de donneurs décédés en état de mort encéphalique prélevés d’au moins un organe a chuté de 22 % en 2020 par rapport à 2019, celui des donneurs décédés en état de mort encéphalique prélevés d’un greffon pulmonaire a baissé de 26%. « Au total, en 2020, 20% des donneurs décédés en état de mort encéphalique prélevés d’au moins un organe ont été prélevés d’un greffon pulmonaire (269 sur 1355), contre 21% en 2019 (364 sur 1729). » L’agence ajoute que 46% des 283 donneurs dont un greffon pulmonaire a été greffé avaient plus de 55 ans.

Attribution des greffons : vers une équité géographique

«  L’attribution des greffons pulmonaires et cardio-pulmonaires est fondée sur l’urgence et la géographie avec la possibilité pour les équipes de demander, depuis septembre 2006 pour la greffe cardio-pulmonaire, et, juillet 2007 pour la greffe pulmonaire, une priorité nationale dite super urgence – SU –, pour les malades en situation d’urgence vitale sans autre défaillance d’organe. » L’agence souligne que la répartition géographique des greffons pulmonaires a été largement modifiée en septembre 2020, afin d’améliorer l’équité géographique de répartition des greffons. Ainsi dans le nouveau système adopté,  » les centres de prélèvement constituant le réseau local de chaque équipe ont été déterminés afin que le rapport entre le nombre de greffons pulmonaires prélevés dans le réseau local et le nombre de greffes réalisées dans le centre de transplantation soit similaire entre toutes les équipes. »

La proportion de greffes pulmonaires réalisées en SU en 2020 est restée identique à ce qu’elle était en 2019 (17%) alors que le nombre de greffes pulmonaires réalisées en SU en 2020 a diminué de 25% par rapport à 2019 (65 greffes en 2019 versus 49 greffes en 2020). « Les malades pour lesquels une demande de SU a été acceptée avaient à l’inscription en liste d’attente une ventilation assistée invasive dans 10% des cas, une ECMO dans 15% des cas, une corticothérapie dans 62% des cas et pour indication à la greffe, une fibrose pulmonaire dans 49% des cas et une hypertension pulmonaire dans 13% des cas« 

Activité des greffes : forte hausse des greffés pour FPI

Le nombre de greffes pulmonaires a diminué de 26% en 2020 par rapport à 2019 (283 contre 384, précise encore le bilan de l’Agence. « La diminution plus importante du nombre de nouveaux inscrits en attente (30,5%) a fait que le nombre de nouveaux candidats pour un greffon a légèrement baissé. » Par ailleurs, la proportion de greffes mono-pulmonaires parmi l’ensemble des greffes pulmonaires a été stable (9%). La diminution de l’activité de greffe s’explique dans le contexte de la pandémie de COVID-19 par une diminution de 26% des greffes faites à partir de greffons pulmonaires prélevés chez les donneurs en mort encéphalique (268 contre 360) et une diminution de 37,5% des greffes faites à partir de greffons pulmonaires prélevés chez les donneurs décédés après arrêt circulatoire. La proportion de malades greffés pour fibrose pulmonaire a cru de 23% à 29% de 2019 à 2020.

Au total, les greffés pulmonaires ont, en 2020, un âge moyen de 50 ans, avec 46% de malades âgés de plus de 55 ans et 69% de malades ambulatoires à la greffe.

L’Agence indique enfin que les courbes de survie au-delà de la première année sont restées parallèles depuis 1990, soulignant la nécessité de mieux prévenir et prendre en charge la dysfonction chronique du greffon pulmonaire. Le taux de survie à 1 an des greffés pour fibrose pulmonaire est de 68%, contre 82 % pour les receveurs en général 1 an après une greffe pulmonaire