Infections respiratoires : une pandémie aux coûts croissants

On estime à 251 millions le nombre de personnes affectées par la Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO) en 2016 dans le monde. Environ 334 millions d’individus souffrent d’asthme, qui est une maladie chronique assez répandue dans les rangs des enfants et qui affecte 14 % de ces derniers. A ces données s’ajoutent encore 10,4 millions de personnes développant une tuberculose, 100 autres millions concernés par des troubles respiratoires du sommeil ou encore 50 millions qui luttent contre des maladies pulmonaires professionnelles. Ce tableau des affections respiratoires a été dressé au cours du congrès européen qui s’est tenu à Paris ce week-end.

La liste du Top 10 des causes de mortalité a été publiée en 2016 par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Dans cette liste, la BPCO a été classée comme 3è cause de mortalité, suivie de près par les infections des voies respiratoires inférieures (au 5è rang), les cancers de la trachée, des bronches et des poumons se plaçant en 6è position, la tuberculose s’imposant encore au 10è rang. Dans ce triste palmarès, présenté par le Pr Tobias Welte (photo), président élu de l’ERS, société organisatrice du congrès international de pneumologie de Paris, les maladies respiratoires tiennent le haut du pavé : elles causent, ensemble, le décès de 9 millions de personnes, certes loin derrière les décès par cardiopathies ischémiques ou par arrêt cardiaque, qui frappent quelque 16 millions d’individus.

Dans ce palmarès des décès évitables, l’Europe n’est pas en reste : les décès par affection pulmonaire sont au nombre de 1 million dans la région Europe élargie et de 662 500 dans l’Europe à 28 pays.

Des coûts croissants

Le coût total des maladies respiratoires dans l’Europe à 28 s’élève annuellement à quelque 380 milliards d’euros. Ce montant inclut les coûts des soins primaires et des soins hospitaliers (55 milliards d’euros), les pertes en production occasionnés par les maladies (42 milliards) et la valeur monétisée du coût par année de vie ajustée sur l’incapacité (280 milliards) (1). A lui seul, le coût annuel pour les soins et les pertes de productivité associés à La BPCO ont été estimés à 48,4 milliards d’euros et ceux dus à l’asthme à 33,9 milliards.

L’encouragement aux associations de patients

Cet ensemble de données encourage la communauté des pneumologues à inciter les pouvoirs publics des différents pays à promouvoir la santé pulmonaire. “Ceci signifie que nous devons nous engager dans une politique diversifiée concernant les domaines du contrôle du tabagisme, de l’arrêt du tabac, du logement, de l’énergie, du transport, de la qualité de l’air et des expositions professionnelles”, souligne les dirigeants de l’ERS. Entendu, il faut focaliser les actions de santé publique sur les facteurs de risque des maladies respiratoires. Dans le domaine des maladies rares, dont la FPI fait partie, l’ERS salue l’émergence de solides réseaux d’associations de patients : “leur engagement public est un bon exemple de leur participation dans les prestations de soins de santé/ les exemples tirés de ces aires de maladies rares peuvent également fournir des idées sur la manière de combattre les principales maladies respiratoires”. Un message on ne peut plus clair pour l’APEFPI à persévérer sur la voie d’une meilleure prise en charge de la maladie !

Jean-Jacques Cristofari

(1) L’espérance de vie corrigée de l’incapacité (EVCI) est un mode d’évaluation du coût des maladies mesurant l’espérance de vie en bonne santé, c’est-à-dire en soustrayant à l’espérance de vie le nombre d’années « perdues » à cause de la maladie, du handicap ou d’une mort précoce.