Jean-Michel Fourrier est un passionné de gof. Une activité à laquelle il s’adonne depuis qu’il est atteint de FPI. Mais depuis peu, il la pratique sous oxygène. Explication par l’intéressé lui même.

« Une première en ce dimanche 15 mai, mon premier parcours de Golf sous Oxygène : les 9 premiers trous sur le parcours « les châteaux » au Golf du Médoc. Un peu d’appréhension au départ (après quelques mois d’arrêt), mais très vite la sensation de revenir quelques années en arrière quand l’essoufflement et la fatigue étaient moins présents.

Isabelle et Jean-Michel

En fin de parcours une émotion difficilement contrôlable d’avoir réussi à dépasser mes peurs de me montrer ainsi handicapé, de ressentir que malgré la progression de ma Fibrose Pulmonaire Idiopathique (FPI) j’arrive à Re-prendre du plaisir sur un parcours, que je repousse encore mes limites et le passage à la voiturette. Cette performance est invisible à ceux qui ne connaissent pas les limites que nous impose notre FPI.
Cela a été rendu possible grâce aux pneumologues qui m’ont expliqué pourquoi l’Activité Physique est nécessaire malgré la fatigue et l’essoufflement ; grâce aux séances d’Activité Physique Adaptée (APA) encadrées par un EAPA chaque semaine, grâce à la discipline quotidienne de s’imposer de marcher ou de faire une séance de gym ou de faire du vélo elliptique.
Le premier bénéfice personnel est ce plaisir-là : rejouer. Le second bénéfice est l’impact sur la santé, sur la progression de la FPI : Ces 9 trous ont signifié 2h15 à marcher à l’extérieur, au milieu de la forêt, loin de la pollution ; environ 10.000 pas (ou 7kms). Pendant ce temps, les poumons travaillent à plein de leur capacité restante et l’apport d’Oxygène permet de mieux faire travailler l’ensemble des muscles et donc de ralentir la perte de masse musculaire. Imaginez sur un 18 trous !

Un immense merci à Isabelle, ma compagne, qui au-delà de me supporter avec ma maladie, a une fois de plus fait jouer ses doigts magiques pour concevoir et fabriquer le système d’attache sur le chariot. Merci également à tou.te.s mes ami.e.s de l’AFPF avec qui nous oeuvrons pour promouvoir l’APA avec nos partenaires Mooven et SielBleu. Merci à Sylvain Magra qui depuis bientôt deux ans, avec les séances hebdomadaires d’APA, m’a permis de progresser en souplesse, en équilibre, en résistance, en cardio, en confiance en moi, malgré la progression de la maladie.

Pour les golfeurs, les détails de l’installation :

Pas question bien sûr de taper la balle en étant relié à l’oxygène, le club et le tuyau ne faisant pas bon ménage. Je suis donc relié par le tuyau au concentrateur uniquement dans chaque déplacement entre les coups. Lorsque j’arrête mon chariot en arrivant proche de la balle : la réflexion habituelle pour choisir le club, j’enlève le tuyau et l’accroche. Je joue mon coup. Je reviens au chariot range mon club, me « rebranche » à l’Oxygène et c’est reparti jusqu’au coup suivant. Ça peut paraitre fastidieux mais je me suis vite rendu compte que, au contraire, cela peut devenir un élément de la routine de préparation du coup qui me permet de bien me concentrer. »

L’idée de Jean-Michel a donc été :

  1. de trouver un système permettant d’accrocher (et décrocher) facilement le concentrateur au chariot (avant et après le parcours), en évitant qu’il se balance et en le protégeant des chocs pendant.
  2. de trouver un système permettant de me connecter facilement au tuyau d’O² pendant les déplacements, en évitant qu’il traine et se prenne dans les roues, permettant d’’accrocher la « lunette » pendant que je joue le coup et de me « rebrancher » facilement après.

« Evidemment, pas le plus «élégant» ce manche de pioche ! mais efficace car il est à bonne hauteur pour accrocher et décrocher la « lunette à oxygène ». Il permet aussi d’éviter que le tuyau et la lunette ne trainent par terre.« 

Accrochage du concentrateur sous le chariot. La protection noire autour du concentrateur est celle livrée par le fabricant. Ont été ajoutés :

* En bas, et autour une sangle à laquelle ont été clipsés deux crochets (les noirs) qui s’accrochent aux deux attaches noires ajoutées au chariot avec des « serflex ». Image 2.
* En haut, deux crochets argentés fixés au chariot par des sangles coulissantes, qui viennent s’accrocher au crochets de l’étui d’origine du concentrateur. Image1.

C’est encore du bricolage mais très efficace. Vos idées pour améliorer sont les bienvenues.