L’APEFPI a organisé le 20 mai une visio-conférence sur Internet d’une heure pendant laquelle le Pr. Vincent Cottin a répondu aux questions posées par les adhérents de l’association, sollicités à cet effet au préalable par le président de l’APEFPI, Jean-Michel Fourrier.

La retransmission intégrale de cette conférence est accessible sur cette page de notre site Internet en cliquant ICI .

Cette conférence, placée sous l’égide de “J’ose contre la fibrose“, du laboratoire Roche, a permis d’aborder quelques grandes questions que les malades chroniques respiratoires atteints de FPI se sont posés durant la période de confinement et se posent encore depuis sa levée.

Pr Vincent Cottin

Le Pr. Vincent Cottin, coordonnateur du Centre national de référence des maladies pulmonaires rares (de l’adulte), pneumologue à l’Hôpital Louis Pradel (Hospices civils de Lyon) a rappelé en ouverture à son intervention quelques généralités sur le Covid-19 :

Le Covid 19 SARS Cov-2 a été identifié le 31 décembre 2019 en Chine et déclaré comme pandémie en mars 2020. 5 millions de personnes sont infectées à ce jour dans le monde, dont 180 000 en France où aucune région n’ a été épargnée.

Les symptômes peuvent être assez variés : fièvre, toux, essoufflement, migraines, pertes ou modification du goût, mal de gorge, courbature, diarrhées, douleurs abdominales.

Les formes cliniques montrent le cheminement de la maladie : ” Elle se manifeste en général de façon asymptomatique ou avec peu de symptômes et dans une minorité de cas ( de 10 à 20 %) par une pneumonie qui peut être virale.”

Quel est son devenir à long terme ? : ” On ne connait pas encore les séquelles à long terme. Les enfants ont peu de symptômes, sans gravité et ont très peu de mortalité dans leurs rangs

Quels sont les modes de transmission ? : ” La plus part du temps par projection de gouttelettes, via un face à face d’au moins 15 minutes, par contact sur une surface contaminée suivie d’un contact du visage. Si on veut éviter la contamination, il faut donc faire attention aux gouttelettes et au face à face“.

Facteurs de risque de gravité : “+ de 70 ans, plutôt homme, atteint de comorbidités, mais nous disposons de peu d’études disponibles, car peu de patients avec FPI ont été infectés – heureusement !” ” Une fibrose peu avancée permet sans doute de mieux supporter l’infection“.
Une enquête est en cours dans réseau OrphaLung pour préciser ce qu’il en est de cette population particulière que constituent les patients FPI.

Faut-il continuer son traitement antifibrosant ? : ” Oui, il il faut le continuer. Ce n’est pas un traitement immunosuppresseur…
Avec des précautions : car sa tolérance est moins bonne en cas de Covid-19.

Questions/ Réponses

Peut-on ressortir de chez soi avec le déconfinement ?
” Oui, sans ambiguïtés. Le risque de contamination a beaucoup diminué.
Mais à une condition : celle de respecter plus que d’autres personnes, les mesures barrières, à appliquer avec beaucoup d’attention pour éviter la contamination
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Peut-on consulter son médecin ? :
Oui ! On peut revenir en consultation, en ville ou à l’hôpital. L’ensemble du corps médical a pris des précautions pour sécuriser le parcours des patients. Tout est mis en oeuvre pour limiter le risque de contamination nosocomiale
Peut-on aller voir ou recevoir ses petits enfants ?
” Il est plus difficile de répondre. Les enfants sont assez peu vecteurs d’infection. Celle-ci se manifeste plus d’adulte à adulte et il est rare que les petits enfants arrivent tout seul. Cela implique un regroupement familial. Avec la meilleure volonté du monde quelqu’un peu arriver infecté.
Donc prudence pour les personnes FPI : patientez un peu encore !”

Stéphane Vagnarelli, psychologue à l’hôpital Avicenne, Bobigny

Quels sont vos conseils pour mieux vivre cette période ?
Les retrouvailles constituent un risque raisonnable ! Il est important de conserver les gestes barrières, voire attendre encore un peu avant de se retrouver. Il faut oser se protéger, même quand on s’aime très fort. Car se protéger, c’est aussi rassurer ses proches ! Aussi n’hésitez pas à en parler avec vos proches ! Appelez-vous avant de vous revoir, parlez en pour dire ce que vous pourrez faire.”

Quels sont vos conseils pour vivre avec plus de sérénité ?
Nous vivons actuellement une période hors du commun, qui bouscule notre quotidien, nos habitudes. Plus de symptômes sont liés à la perte de sommeil, à la dépression. N’hésitez pas à en parler à votre médecin.

Comment gérer au mieux nos émotions ?
” Nous vivons des frustrations, des atteintes à nos libertés. Ce confinement nous a volé notre temps et cette frustration peut se transformer en colère.
Aussi essayez le plus possible de positiver, de vous investir dans des activités qui sont source de plaisir.
Essayez de nouvelles activités (peinture, faire des masques, développer des activités dans le numérique). Cultivez le plaisir en faisant de la cuisine, du jardinage, de la lecture.”

Jesus Calabuig Lopez, kiné à l’hôpital de Lyon, a rappelé de son côté, la nécessité de maintenir une activité physique régulière, à son rythme et selon ses capacités.

La retransmission intégrale de cette conférence sera prochainement accessible sur cette page de notre site Internet.