94 vaccins candidats sont en phase pré-clinique. Près de 600 essais cliniques sont en cours pour évaluer l’innocuité et l’efficacité de molécules contre le virus SARS-CoV2. L’effort de recherche est international et massif. Il s’appuie notamment sur les travaux qui ont été menés ces dernières années sur d’autres virus.

Vaccin contre le SARS-CoV2

Selon l’OMS qui publie une liste des vaccins candidats, 94 ont prouvé leur efficacité in vitro et sont en phase préclinique (testés chez des animaux). Huit d’entre eux sont déjà au stade clinique de phase 1/2 et sont testés chez des volontaires. Les chercheurs étudient différentes technologies, dont certaines n’ont pas été utilisées auparavant dans d’autres vaccins.

Antipaludiques et antiviraux

Actuellement, plusieurs molécules ciblant l’entrée ou la réplication du virus sont testées dans des essais cliniques de grande envergure :

L’essai européen « DisCoVeRy », porté par l’INSERM, étudie depuis le 22 mars l’efficacité de quatre molécules, déjà connues pour la plupart dans le traitement d’autres maladies :

  • l’Hydroxychloroquine, prescrite habituellement contre le paludisme et certaines affections rhumatologiques, empêchait le virus de pénétrer les cellules hôtes.
  • le Remdesivir, un antiviral notamment utilisé contre la maladie à virus Ebola, bloquerait la réplication du virus.
  • une combinaison Lopinavir/Ritonavir (Kaletra), utilisée dans le traitement du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), bloquerait la réplication du virus.
  • une combinaison Lopinavir/Ritonavir + interféron bêta. L’interféron est connu pour stimuler la défense de l’organisme.

Un autre essai international similaire, baptisé « Solidarity », a été lancé le 20 mars par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Pour l’heure, aucun résultat officiel n’a été communiqué, même si, ceux obtenus par le Remdesivir semblent potentiels, selon une vaste étude menée par les instituts nationaux de santé américains (National Institutes of Health). Ainsi, les États-Unis ont autorisé sa prescription en urgence depuis le 2 mai.

Par ailleurs, en France, l’Hydroxychloroquine a été intégrée dans d’autres essais cliniques, dont :

  • « Hycovid », lancée par le CHU d’Angers, cette étude évalue l’efficacité de cette molécule seule chez 1 300 malades atteints de formes de Covid-19 moins graves que ceux inclus dans l’étude « DisCoVeRy ». La date estimée d’obtention des résultats n’étant pas connue.
  • « COVIDOC », portée par le CHU de Montpellier, l’étude compare une combinaison Hydroxychloroquine-Azithromycine avec une combinaison Hydroxychloroquine-placebo.
  • « PrEP-COVID », évalue l’impact de l’Hydroxychloroquine et de l’Azithromycine sur la prévention de la contamination par le virus SARS-CoV-2 chez les personnels hospitaliers de l’AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) à 40 jours de traitement.

Transfert de plasma de patients Covid-19 guéris

Injecter du plasma – la partie liquide du sang qui contient notamment des anticorps – de personnes guéries du Covid-19 à des malades : c’est l’idée de l’essai clinique « Coviplasm » lancé par l’AP-HP le 7 avril et dont les résultats sont attendus ce début du mois de mai.

L’objectif est de renforcer les défenses immunitaires des malades pour lutter contre le virus. Deux essais menés en Chine, dont les résultats ont déjà été publiés*, démontrent un effet bénéfique, avec une diminution des symptômes.

*Duan K et al. PNAS 2020 ; Shen C et al. JAMA 2020

La plateforme ClinicalTrial.gov. qui inventorie l’ensemble des études cliniques dans le monde, recense plus de 250 essais de phase III relatifs au Covid-19. Et la liste s’allonge chaque jour. Pour la plupart, ces essais testent les mêmes familles de molécules.

[Source : Respifil Actualités, 6 mais 2020]