Richard Ferrand, le plus vieux patient FPI greffé de France

Agé de 72 ans, Richard Ferrand est un ancien chef d’entreprise. Il y a 4 ans, son médecin traitant diagnostique un souffle anormal à l’un de ses poumons. Quelques mois plus tard, on lui annonce qu’il s’agit d’une fibrose pulmonaire idiopathique. Un traitement lui sera administré, mais il sait que seule une greffe du poumon pourra le sauver. Il est trop âgé pour en bénéficier. Il ne renoncera pas pour autant et se battra pour obtenir cette greffe. Aujourd’hui, il mène sa vie de greffé sur les coteaux des vignobles de Nuits-Saint-Georges. Il a choisi de s’engager au sein de l’APEFPI, dont il assure la vice-présidence, pour, à sa manière, faire entendre « la voix des malades ».

En 2015, Richard était en pleine forme. Il menait une vie active et une vie de famille comme nous les connaissons tous et toutes. Lors d’un banal examen médical, son médecin traitant entend un bruit anormal lors d’une auscultation de ses poumons. Les radios vont se succéder, jusqu’à un scanner qui va mettre en évidence une pneumopathie interstitielle. Son pneumologue lui donne à nouveau un rendez-vous pour trois mois plus tard. Durant cette période, Richard demeure dans la méconnaissance totale de ce qu’il a. Il est un peu essoufflé, mais confie ne pas aller trop mal pour son âge, qui est alors de 67 ans.

Seule une greffe pourra le sauver

De mois en mois et de scanner à scanner, tous les trimestres, le temps passe sans que Richard ne se pose trop de questions. Jusqu’au jour où tombera le diagnostic : « Monsieur Ferrand, c’est grave ! ». Il sera orienté vers le CHU de Dijon et le service du Pr. Bonniaud qui l’informera qu’il souffre d’une FPI. Le pneumologue lui prescrira l’immunosuppresseur antifibrotique pirfénidone pour enrayer sa fibrose. Mais sur le dernier compte rendu de son médecin, il lira une phrase sans appel. Elle précise que compte tenu de son âge – presque 69 ans – une greffe pulmonaire n’est pas envisageable ! « Je ne savais pas ce qu’était une fibrose, mais de manière intuitive, je savais que seule une greffe pouvait me sauver, dit-il ! Le Pr. Bonnaud me fait cependant savoir que j’aurais peut-être une chance, malgré mes 69 ans, d’être opéré à Bichat, centre de référence en la matière ».

En décembre 2016, Richard est donc reçu à Bichat par le Pr. Hervé Mal. Ce dernier ne lui cache pas que cela sera tout de même difficile. Il le fait entrer en centre de réhabilitation pulmonaire pour 40 séances. Il y fera deux séances de 8 jours. Mais la situation se dégrade de manière très rapide. Richard sera placé sous oxygène le jour. Le 2ème stage se passe sans qu’il lui soit confirmé qu’il sera greffé. Il y reviendra par la suite pour un 3è séjour, durant lequel il sera sous oxygène jour et nuit.
Le 20 juin 2017, la nouvelle tombe : Richard peut bénéficier d’une greffe ! Il est inscrit sur la liste de l’agence pour la biomédecine. Le 28 juin, à 14h27 précises, il part en ambulance de Nuits-Saint-Georges sur Paris, dans des conditions exceptionnelles, organisées par le SAMU de Dijon. A l’arrivée sur Paris, 5 motards l’attendent pour ouvrir la route jusqu’à l’hôpital Bichat, où il arrivera à 18 heures.

« J’étais le plus décontracté de tous dans ce cortège sanitaire », confie Richard. A 19h30, il entre dans le bloc opératoire. L’opération se déroule bien. Il se réveille le lendemain à 10h30 et restera 6 jours en réanimation. Son séjour à Bichat durera 30 jours au total, jusqu’au 28 juillet date de son retour à son domicile. Il reprendra par la suite une activité normale, dans la limite des contraintes imposées par une greffe du poumon.
Il retient de ce parcours le manque d’information sur la maladie durant les deux années qui l’ont conduites jusqu’à la greffe. Refusant de chercher sur Internet les causes et conséquences de cette maladie rare, Richard a centré son énergie et sa volonté sur ce qui a ses yeux constituait la seule alternative possible à cette pathologie : une greffe du poumon.

Richard vit aujourd’hui entouré des siens à Nuits-Saint-Georges. Il suit un protocole précis basé sur le traitement d’immunosuppresseurs et assorti de bilans régulier. Il se plie à une discipline qui ne souffre d’aucune entorse. Car Richard sait parfaitement qu’elle est la condition de sa survie.