« Il faut réagir maintenant pour limiter la nouvelle vague associée au variant Delta ». L’avis du 6 juillet du Conseil scientifique est clair et net : faute d’un niveau de vaccination suffisant, une 4è vague aura lieu dès cet été. « Des mesures prises maintenant peuvent limiter cette nouvelle vague et ses effets », plaide le Conseil scientifique, qui invite les plus de 60 ans à se faire vacciner.

Gérer c’est prévoir. En ce qui concerne la pandémie actuelle, le mot d’ordre est plus actuel que jamais. La campagne de vaccination anti-COVID est très active et continue à progresser efficacement, nous explique le CS. Au regard de la dynamique de vaccination, l’objectif gouvernemental de 45 millions de personnes primo-vaccinées sera probablement atteint à la fin août. Mais cela ne sera pas suffisant ! Car « le taux d’incidence actuel en France a connu une baisse – particulièrement rapide – depuis mi-mai 2021. Elle a surpris le monde scientifique par son ampleur et sa vitesse. » Car en France, après trois mois de baisse continue de l’incidence des infections à SARS-CoV-2, la courbe épidémique est repartie à la hausse début juillet.

« Le climat estival présente un effet bénéfique en diminuant la circulation du virus en population », ajoute le CS, qui ajoute cependant : « La période estivale conduit au respect moins rigoureux des mesures barrières, ce qui peut à nouveau provoquer une reprise épidémique tant que l’immunité collective n’est pas acquise. » Le variant indien Delta se répand actuellement rapidement, dans le monde entier, mais également en France, où il représente 40% des nouvelles contaminations. Autant dire que la prudence s’impose !

La reprise de la vie sociale « ne doit pas faire oublier l’importance majeure des gestes barrière et du lavage des mains« , prévient le Conseil scientifique qui indique que c’est « un relâchement non-contrôlé des gestes barrière durant l’été 2020« , qui a provoqué une reprise épidémique à la rentrée de septembre 2020.

Un niveau de vaccination encore insuffisant

« De manière réaliste, une nouvelle vague due au variant Delta doit être collectivement anticipée, note encore le CS. Elle ne pourra pas être complétement absorbée par le niveau élevé de la vaccination, qui reste encore insuffisant au sein de la population pour assurer une protection collective efficace. Des mesures prises maintenant peuvent limiter cette nouvelle vague et ses effets.« 
Au 30 juin 2021, plus de 33 millions de personnes sont primovaccinées, ce qui représente 50,3% de la population française. Parmi elles, 22 millions ont achevé leur cycle de vaccination, soit 33,2% de la population française. Reste que le nombre de nouvelles primovaccinations quotidiennes a fortement baissé, passant de 350 000 primovaccinations / jour début mai à 180 000 primovaccinations / jour, alors que la disponibilité des doses est assurée.

Vacciner les plus vulnérables

Il est à noter qu’en France, 80% des personnes âgées de plus de 60 ans sont primovaccinées, ce qui situe la France en dessous de plusieurs pays comme le Royaume-Uni, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne, et les pays scandinaves. « Cette catégorie de personnes étant la plus vulnérable contre le COVID-19, il est nécessaire, voire primordial, que la campagne de vaccination à leur endroit soit fortement renforcée et accélérée, souligne encore le Conseil scientifique. Une stratégie de vaccination « aller vers » doit être systématiquement mise en oeuvre pour toucher les populations éloignées du système de soins. »